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B-PEN, un programme de recherche pilote au niveau national pour améliorer la prescription dans les services de néonatologie
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B-PEN est un programme de recherche porté par le CHU de La Réunion et une équipe de recherche de l’Université. Son objectif est d’améliorer la prescription hospitalière aux nouveau-nés, notamment en réanimation néonatale.

Les nouveau-nés sont parmi les plus exposés aux erreurs médicamenteuses et aux effets secondaires des médicaments. Ceci s’explique par la fragilité de la population (prématurés, souvent de poids inférieur à 1000g), l’absence d’Autorisation de Mise sur le Marché (AMM) pour la plupart des médicaments prescrits, l’absence de présentation adaptée des médicaments. La plupart des médicaments de réanimation n’existent que sous conditionnement adulte, si bien que les nouveau-nés doivent parfois recevoir moins de 1% du contenu du flacon. Ce dernier point impose aux infirmières de multiples dilutions du médicament ce qui complique le dosage.

Dans ce contexte, la Société Française de Néonatologie (SFN), a confié à une équipe de cliniciens chercheurs du CHU et de l’Université de La Réunion le développement d’un logiciel sécurisant la prescription aux nouveau-nés.

Le CHU et la Région Réunion se sont fortement impliqués dans ce projet, et l’ont soutenu financièrement au travers de fonds européens.

Logipren (logiciel de prescription en néonatologie) a pu être finalisé et mis à disposition des hôpitaux français par le CHU de la Réunion depuis juillet 2014.

Actuellement il est utilisé au CHU de la Réunion et au CH de Mayotte, mais aussi dans 17 hôpitaux métropolitains (soit 30% des unités de réanimation néonatales françaises), et a vocation à équiper la majorité des services de néonatologie français.

Le benchmarking des établissements

Le logiciel Logipren dispose de toutes les fonctionnalités informatiques les plus modernes, il prescrit médicaments et nutrition…
Mais il permet aussi de comparer les performances des services utilisateurs. Toutes les prescriptions réalisées à partir du LAP dans chaque établissement seront extraites mensuellement, anonymisées et envoyées vers une base commune. De celles-ci seront générées des analyses comparatives des modalités de prescription, renvoyées aux établissements. Ceux-ci auront alors la possibilité de comparer leurs pratiques et leurs résultats à ceux des autres (sans avoir l’identité des autres établissements).
Ce benchmarking commencera au dernier trimestre 2015, dans plus de 20 établissements.

La base de données ainsi constituée permettra dès 2016 de surveiller l’efficacité et les effets secondaires des médicaments, d’avoir des informations précises sur l’utilisation des médicaments dans les hôpitaux (première base de données de ce type en néonatologie).

La valeur de l’outil produit est attestée par la demande faite aux hôpitaux par la Direction Générale de l’Organisation des Soins de l’utiliser (ou équivalent) pour la prescription aux nouveau-nés hospitalisés (instruction DGOS publiée en avril 2015).

Le CHU de la Réunion n’ayant pas vocation à devenir éditeur de logiciel, la distribution et la maintenance de Logipren vont être confiées dès 2016 à une entreprise réunionnaise déjà partenaire du projet. Ainsi, la recherche menée au CHU est aussi créatrice de valeur économique, dans le respect de l’esprit des fonds européens. Les travaux qui seront menés sur la base de données de prescriptions génèreront aussi des connaissances transmissibles de la structure publique aux entreprises.

Ce projet est unique à notre connaissance car il a réuni autour d’un besoin en santé les professionnels français, un CHU, une Région, une Université, des entreprises.
Il ouvre la voie à des développements analogues dans d’autres disciplines médicales insatisfaites par leurs modalités actuelles de prescription.
L’amélioration de la qualité des soins est une préoccupation majeure de la population et des opérateurs de santé. Elle doit chercher des modèles satisfaisant tous les partenaires mais surtout les patients et leurs familles et donc les citoyens.

Pour David Gruson, Directeur Général du CHU de La Réunion, « Le déploiement de ce projet est un magnifique exemple de concrétisation du projet hospitalo- universitaire porté par le CHU, l’Université et l’ensemble des acteurs de la recherche en santé. Cette démarche démontre tout le potentiel de création de valeur ajoutée économique pour La Réunion permis par l’investissement dans la recherche en santé. Il faut saluer l’engagement des équipes autour du Pr Gouyon et remercier les autorités gestionnaires des fonds européens - et notamment la Région sur le volet recherche - pour leur soutien. »

Pour le Dr Béatrice Gouyon, « le soutien majeur que nous avons trouvé en arrivant à La Réunion nous a permis de mener ce projet d’envergure nationale, qui tient à cœur aux pédiatres néonatologues français depuis plusieurs années. Nous espérons que ce projet bénéficiera au plus grand nombre possible de nouveaux- nés en France et sera porté par de très nombreux cliniciens et chercheurs. »